Octobre 2006

ABRACADA COUP’

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jeudi 30 novembre 2017 par matthius

’ai toujours rêvé d’avoir ma coiffeuse attitrée, celle qui ambulante vient chez moi rien que pour mon bonheur. Et je l’ai trouvée parmi les amazones de mon quartier, cette diva de mon brushing emmêlé, noir et intense. Elle vient là et masse ma future coupe en prenant son temps tout comme moi. C’est la vie de château dans mon appart brestois, au coin de la ruelle près de ABRACADA COUP’, le commerce de ma coiffeuse se déplaçant à la vitesse d’une librairie ambulante. L’essentiel avec elle c’est de se sentir bien. En plus si on a une fringale on peut dîner un peu avec cette amie sortie de l’imaginaire, flibuste en soirée avec sa petite monture aux accents du sud.

Elle n’a pas de lutins avec elle car il faut bien finir tôt ou tard. Elle n’est pas rythmée par un adagio qui conduirait à force de le répéter au délirium trémens. Non ce n’est pas Tartempion mais la belle parmi les filles de leur père, celui qui a appris à profiter de son métier pour elles et surtout pour les autres. Oui le bienheureux c’est moi, celui qui vit près d’une enseigne jaune vivace, agrémentée de couleurs vives trop vives pour oser les associer aux cheveux. Je n’ai jamais osé me teindre comme le ferait un client de journée, fan inconditionnel des teintes absurdes. Je suis le client solitaire qui rêve d’une décoiffe pour un prochain rendez-vous.
Je pense que nous avons tous un bonheur à partager. Le mien se réalise avec mon amante d’un soir. Ne le dites pas à mon épouse qui me relâcherait comme un ingrat dans la nature. Non ce n’est qu’un moment courtois et bienveillant à mon égard. Seulement ma femme devient jalouse de voir autant d’éveil chez ce rêveur d’une jeunesse idéale, jeunesse imaginée avec une autre. Que ce monde nous fait trembler avec cette vie trépidante ! On va et on vient pour ne plus se retrouver. Ne suis je pas perdu par tant d’attention à mon égard ? Qu’avons nous fait pour mériter tant de conseils qui rendent encore plus perplexes. J’en perds mon âme tellement on y tient. Pourtant ce n’est que ce que je perçois. Personne ne pourrait partager ce bonheur de la soirée puis de la nuit, aussi différent qu’il puisse paraître. Après tout ne sommes-nous pas un parmi une multitude ? Alors tant qu’il y aura des femmes à quoi bon chercher celle qui serait idéale ? On l’a sûrement vue un jour sans la remarquer. Que le bonheur doit paraître fugace quand on le perçoit si peu. Alors je vous donne ce conseil : Ne cherchez pas vous avez trouvé.