Juin 2007

Les moutons

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vendredi 8 décembre 2017 par matthius

L’une des distractions les plus fréquentes et les plus appréciée quand on est dans son lit c’est de compter les moutons. Seulement je n’aime pas faire des cauchemars avec ça. Ça serait comme regarder un pendule tiltant perpétuellement. J’aurais donc l’impression de repousser les limites du dodo, pas l’animal décédé mais le repos mérité du guerrier. Quelle angoisse ce serait pour moi de compter les limites de mon sommeil. Je penserais sûrement à fermer plusieurs fois la porte de la serrure, ou bien je prendrais vigoureusement la plume pour écrire des chiffres sur une feuille afin de calculer l’équation idéale qui me permettrait de dormir enfin. Ou alors je deviendrais le pirate de l’INTERNET pour chasser le temps et l’annihiler comme Louis XVI ou Cléopâtre.

Je ne pense pas que le chemin du sommeil soit impossible à trouver préférant penser à une Rose pour m’endormir. Compter les moutons ce serait comme de l’art topiaire au printemps. Aïe ! Je vois que votre sens de la fraternité n’est pas là. Vous voulez que je compte les moutons ! Mais non j’ai trouvé la solution. Je me fais le Coubertin du sommeil en vous divulguant qu’il suffit juste d’oublier le temps, y compris la météo, pour se trouver pris dans la rivière des rêves.

Vous vous êtes en train chaque instant à chaque vendange de mouton. Non je ne veux pas suivre cette incompatibilité majeure qu’est compter le temps pour dormir alors qu’il s’arrête pour qu’on puisse rêver qu’il n’y en a plus. Igor Chasseriot le héros d’un rêve d’autrefois pourrait alors apparaître et me dire : « Il est temps de se réveiller ! » Alors si j’avais compté les moutons je me serais levé à minuit au lieu de huit heures, déplorable alors qu’on est pas à Noël.

Ce feu incandescent du temps qui s’agrippe à ces moutons comme de la soie serait donc uniquement utilisé pour voir ses cadeaux plus tôt. Ce serait une tragédie du Père Noël que je mets au feu pour faire patienter les enfants tranquillement jusqu’au petit matin. Je compterais cependant sur les moutons pour me réveiller à minuit pétante et leur donner les cadeaux.

Je pense donc être votre médecin du sommeil en vous répétant que si vous faites confiance à votre sens de l’évasion vous serez comme moi en dehors du temps et donc avec votre esprit afin de devenir les plus grands apôtres du rêve, bible de nos émotions.